Quoi d’intéressant au Moodle Moot et Mahara hui cette année?

moodle moot17Le Moodle Moot 2017 a eu lieu à Lyon cette année à l’Université Lyon 3 – Jean Moulin fin juin. C’est l’occasion, lors de cette manifestation, de rencontrer la communauté francophone qui utilise la plate-forme Moodle et le portfolio Mahara dans l’enseignement supérieur. Environ 400 personnes, techniciens, ingénieurs pédagogiques, professeurs du secondaire,  enseignants-chercheurs se retrouvent et ont tous comme préoccupation : innover dans la formation en présentiel, en hybride ou à distance avec ces outils.

Cette année encore la variété des ateliers proposés était riche ; vous pouvez retrouver l’intégralité des contenus et le programme sur la plate-forme Moodle dédiée à l’événement. L’objectif durant ces 3 jours est d’échanger sur les expérimentations mises en place dans différents contextes afin de partager les conclusions des différents acteurs et proposer des pistes d’amélioration aux écueils parfois rencontrés. Je vous propose un résumé de quelques présentations pour vous donner une idée des riches échanges auxquels j’ai assisté.

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  • Cette année, lors de sa conférence, Serge Ravet, directeur de l’innovation, ADPIOS, s’interroge sur la façon dont l’enseignant peut reconnaitre le travail de l’étudiant ou des compétences de façon plus informelle qu’une validation ou une certification. Il propose alors la solution des open badges et de l’approche portfolio. Ils peuvent être valorisés dans le cadre d’un portfolio, qui sont pour lui deux outils précieux de la reconnaissance. Le portfolio est un travail à faire par l’apprenant pour obtenir de la reconnaissance, le badge valide une relation de confiance, car c’est une image avec des métadonnées qui mentionnent l’émetteur, le récepteur, en fonction de critère et des preuves de validation. C’est donc un objet relationnel. Concernant l’identité, le portfolio est centré sur le moi et le badge recentre l’identité au regard des autres, permettant ainsi une narration de soi avec les autres : on parle d’identité holographique. Serge Ravet propose d’aller plus loin dans l’approche portfolio vers le personal ledger : l’idée est de mieux gérer son capital confiance en faisant état dans le portfolio des crédits reçus, des documents produits, des badges décernés… Dans ce cadre, les badges seraient la monnaie et le e-portfolio le carnet de bord pour atteindre un « mentorat bienveillant » comme mentionné dans le rapport Taddei.
  • La conférence de Simon Carolan, ingénieur pédagogique nous a présenté un projet qu’il a fait avec un maitre de conférence pour créer une dynamique centrée sur l’étudiant dans moodle. Il s’agissait d’un cours pour préparer les étudiants à la rédaction scientifique dans lequel l’enseignant souhaitait que les étudiants écrivent des articles sur un thème après une lecture d’articles scientifiques. Pour dynamiser cet enseignement jugé essentiel, ils ont décidé de créer un colloque organisé par les étudiants, et la plate-forme Moodle était au centre de l’organisation car ils y ont centralisé les informations dans différents outils collaboratifs (atelier, wiki, forum de discussion…). Ce projet a été mis en place sur sur 2 mois avec 12 étudiants. Ils avaient 3 roles à jouer : auteur d’un papier sur un phénomène, relecture par les pairs, organisateur de la publication des actes. Le groupe devait rédiger des consignes de rédaction et superviser la relecture, trouver une salle, gérer le temps, faire le programme. Tous les étudiants ont participé à l’événement et l’enseignant a noté un réel gain de confiance et de cohésion entre étudiants.
  • Giliane Augustin-Lucille nous a présenté son expérience du passage du portfolio papier au portfolio numérique à l’université des Antilles dans le cadre des études de médecine, concernant le portfolio des étudiants avant la soutenance du mémoire. Elle rapporte qu’il a fallu deux ans d’acclimatation au portfolio numérique à l’université. Les étudiants en 3° cycle ont reçu un accompagnement à leur propre réflexion sur les apprentissages, notamment pour comprendre ce qu’est l’approche portfolio, et ensuite ils ont eu un accompagnement technique pour appréhender l’outil.  Dans un second temps, il a fallu proposer un accompagnement des encadrants à la prise en main des outils : initiation, formation ; initiation des internes obligatoires avec la démarche portfolio et cahier des charges présenté avec le contenu attendu. Des tutoriels vidéo ont été réalisés qui expliquent comment mettre en place ce portfolio et remplir les rubriques. Une réflexion sur l’ouverture de Mahara a été menée car lorsque les étudiants sont en stage, il est important que l’outil soit accessible aux non membres de la communauté.

 

  • portfolio lilleAlain Opoczynski nous a quant à lui rapporté son expérience de l’intégration du portfolio dans l’accompagnement des professeurs stagiaires à Lille. Tout d’abord il a proposé aux étudiants un exemple type de portfolio (photo ci-contre) dans lequel on retrouve leur emploi du temps, les dates de stage, la progression de ses classes, des documents pédagogiques, bulletins de visite, ainsi qu’une map qui précise la localisation de l’établissement.

Le portfolio est construit en fonction des 6 domaines de compétences, dont les compétences communes et spécifiques. Ils doivent se positionner 3 fois dans l’année avec des écrits ou des vidéos et mettent une note sur une échelle de 1 à 9. Le stagiaire choisit avec qui il partage l’ensemble ou des morceaux de son portfolio. Pour accompagner cette mise en place, un séminaire de 3H a été organisé pour présenter l’outil et la démarche portfolio dans le cadre de l’UE analyse des pratiques et une mise en place de tutoriels qui sont encore à améliorer. La prolongation de l’utilisation de l’outil s’est faite en t1 puis en T2. Ce travail leur sert aussi dans le cadre d’une réorientation avec la construction d’un e-portfolio.

  • Jean-Marie Petit a fait une présentation intitulée « C’est à moi que tu parles »  qui m’a beaucoup intriguée, d’autant plus que l’on apprenait dans le résumé que l’enseignant avait travaillé sur la nuit des morts-vivants. L’objectif était de nous présenter un plugin de moodle qui se situe dans les modalités de rendu de devoir et qui s’appelle online audio recording. Cet outil est utilisé en langues et permet à l’étudiant d’enregistrer un doublage sur une scène de film et de se réécouter avant de valider le rendu. L’enseignant peut donc évaluer la qualité du travail oral dans le cadre de moodle, dans un mode asynchrone. A l’ESPE d’Aquitaine, ce module n’est pas disponible mais on a l’équivalent : poodll. Ce plugin permet aussi de s’enregistrer directement. Pour l’utiliser, il faut lors de la création d’une activité devoir, dans les paramétrages, sélectionner « Poodll en ligne » au niveau des types de remises. Une fois ceci réalisé, l’étudiant va avoir à sa disposition lors de la remise de son devoir un petit enregistreur audio. Le document enregistré sera par la suite accessible par l’enseignant pour l’évaluer.
  • Luigi Sansonnetti dans un module documentation et traduction nous a encouragé à participer au site moodle org qui propose une consultation de forums en français.La documentation anglaise officielle est à jour car y a une équipe et une demarche editorialiste très stricte. Elle est même très explicite et abordable pour un amateur, car elle est destinée aux utilisateurs. Cependant la documentation française est en souffrance, car ce n’est basé que sur du volontariat alors qu’en anglais ce travail est financé. La communauté a donc besoin de petites mains pour aider à contribuer dans la traduction de la documentation et son organisation.
  • Fabien Paquereau nous a proposé un atelier pour « bioutifuler » sa base de données dans moodle. En effet cet outil est souvent moche et mal perçu par les étudiants. Il est donc important de soigner l’aspect visuel des outils d’apprentissage que l’on propose à nos étudiants. Il est donc parti du principe de nous apprendre les bases de CSS pour rendre une base de données agréable à regarder en l’intégrant dans les paramètres. Sans rentrer dans les détails, avec une bonne feuille de style et son tutoriel pas à pas, je m’y suis essayé, mais j’avoue cela n’a pas été un franc succès. Coder ce n’est pas si simple… Mais à force d’expérience, moi aussi j’arriverais à faire de belles bases de données et des jolis trombinoscopes pour rendre nos étudiants heureux.

Il y a eu plein d’autres ateliers passionnants, des échanges informels très riches et des pistes de collaboration ont germé pendant ces 3 jours. Donc l’an prochain, n’hésitez pas à aller au moodle moot pour participer à la communauté francophone des utilisateurs de moodle

 

A propos de Julie Pascau

Formatrice à l'ESPE d'Aquitaine en documentation, à l'EMI et aux usages du numérique à l'école - Site de Pau et Mérignac