Les mille et une nuits ou l’histoire sans fin d’un patrimoine sans cesse réinventé


Conférence donnée par Carole Boidin, Université Paris 10 – 9 avril 2013

Rien de plus difficile que d’assigner une origine aux contes des Mille et une nuits.
S’il est possible de suivre les métamorphoses de telle histoire ou de tel motif narratif d’une culture à une autre, le recueil en lui-même constitue une énigme dont nous rappelerons brièvement les indices.
Après l’évocation de ces origines complexes, nous verrons que c’est bien plutôt la réception de l’œuvre en Europe, à l’époque moderne, par le biais de traductions et de (re)créations multiples, qui a lui a donné sa popularité actuelle et l’a fait entrer dans le patrimoine littéraire.
Or cette œuvre met au défi les normes et les canons de la littérature occidentale, ce qui doit attirer l’attention sur des façons différentes de raconter, que l’on pourra brièvement comparer avec des pratiques actuelles du conte dans le monde arabe.

Bio-Bibliographie :

Carole Boidin est maître de conférences en littératures comparées à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Elle a travaillé pour sa thèse de doctorat sur les Mille et une nuits et l’Âne d’or d’Apulée, dans leurs contextes anciens et leur réception en Europe à l’époque moderne. Elle fait également partie d’un projet de soutien à une association yéménite de préservation du patrimoine oral, et a participé à la traduction d’une série de contes traditionnels de cette région (Lit de pierre, lit de verre, éd. L’Ecole des loisirs). Ses recherches sur les rapports entre Orient et Occident l’ont aussi amenée à travailler sur la littérature narrative coloniale.

Quelques articles :

  • « Schahrazade et sa parole », Cahiers « Mondes anciens » [En ligne], 3 | 2012,
  • (avec Mathilde Lévêque), « Le Dinosaure de Sanaa et autres Jarjoufs : Regards sur la littérature de jeunesse au Yémen », prix de la critique 2006 du meilleur article inédit de l’Institut Charles Perrault, Revue des livres pour enfants, 234, 2007, p.102-110.
  • « Les Mille et une nuits de Galland et la tradition inventée du conte oriental », dans Waël Rabadi et Isabelle Bernard (dir.), La Réception mondiale et transdisciplinaire des Mille et une nuits , Médiévales, 51, 2012, p. 50-64.
  • « L’Âne d’or et Les Mille et Une Nuits : des ‘histoires de bonnes femmes’ ? », dans Christiane Chaulet-Achour (dir.), À l’aube des Mille et Une Nuits, Lectures comparatistes, Presses Universitaires de Vincennes, 2012, p.15-30.
  • « Hârûn al-Rashîd, figure d’autorité des Mille et Une Nuits », dans Michael Kohlauer (dir.), Fictions de l’histoire, écritures et représentations de l’Histoire dans la littérature et les arts visuels (cinéma, photographie peinture), Presses de l’Université de Savoie, 2011, p.109-130.
  • « Les genres de l’intime. Autour des berceuses (Yémen) » dans Claude Calame, Florence Dupont, Bernard Lortat-Jacob, Maria Manca (dir.), La Voix actée. Pour une nouvelle ethnopoétique, Kimé, 2010, p.75-90.
  • « Sindbad le marin, fonctions d’un surnom, effets d’une traduction », dans Alexandra-Flora Pifarré et Sandrine Rutigliano-Daspet (dir.), Le Surnom, Éditions de l’Université de Savoie, 2008, p.63-88.
  • « Étranges, fantastiques, merveilleux ? Les animaux et leurs effets dans les Mille et une nuits. », dans Anne Besson, Jean Foucault, Evelyne Jacquelin, Abdallah Mdahrhi Alaoui (dir.) Le Merveilleux et son bestiaire, Paris, L’Harmattan, coll. « Références critiques en littératures d’enfance et de jeunesse », 2008, p.93-109.

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Pôle Pédagogie & Informatique de l'ESPE d'Aquitaine